Jardin retrouvé…

Si l’on n’y prend pas garde, toute végétation peut, avec le temps, n’en faire qu’à sa tête et bousculer les meilleurs plans de jardin... D’où l’importance de tailles régulières qui maintiennent formes et volumes et conservent aussi les arrivées de lumière sur les plantes plus petites. 

Contenir les volumes…

A l’arrière de cette propriété où nous sommes intervenus quelques années après un paysagiste, le sentier initial s’était resserré au point de presque rejeter le passant contre la façade. Un passage central a donc été rétabli avec même, pour l’équilibre visuel, quelques plantes supplémentaires contre la maison. 

Diagonales qui agrandissent…

Plus loin, devant la cuisine où le réflexe s’est installé d’y manger dehors souvent, des dalles ont été installées, en diagonale, de manière à agrandir l’espace; une disposition qui permet aussi, là où une dalle rencontre la terre, de pouvoir loger en quinconce des végétations très courtes, presque des mousses - certaines fleuries -  qui adoucissent et naturalisent parfaitement le pourtour de cette terrasse.

Terrasse matricielle

Sur le devant de la maison, la terrasse d’origine, rectangulaire et collée à la façade a été remplacée par une vaste surface en bois plus chaleureuse; nous l’avons dessinée aux formes très douces et matricielles incorporant, ici et là, diverses végétations ou roches cassant toute uniformité, prévenant toute monotonie.

 

Diriger le regard…

Seul bémol à une vue totalement panoramique: le toit de la maison en contrebas. Notre proposition a donc été de travailler la végétation de manière à créer depuis la terrasse, à gauche et à droite, une impression de vide qui, immanquablement, attire, «aspire» le regard sur le les Alpes et le lac. Mais ce n’est pas tout.

 

Capter l’attention

A partir de la terrasse, le jardin plonge sur un deuxième niveau, accessible par un large escalier. C’est ici au centre que nous avons travaillé à créer une ambiance qui, elle aussi, appelle le regard ailleurs que sur le toit voisin. Soit, autour d’un petit bassin de métal avec une chute d’eau, un espace dallé de pierres naturelles invitant les chaises-longues. La scène est mise en valeur par un arrière-plan végétal de hauteur adaptée.

 

Faciliter l’entretien

De part et d’autre de l’escalier liant les deux niveaux du jardin, nous avons retravaillé les talus en y introduisant un tiers de roches aidant à l’installation des plantes et facilitant leur entretien et maintien en des endroits précis plutôt que de risquer l’envahissement par des espèces dominantes. Les arbustes fleuris y sont aussi une alternative bienvenue à certaines vivaces demandant davantage de temps et de soin…

 

Gagner un tiers de surface…

Souvent, dans les jardins, certains talus mangent parfois jusqu’à un tiers de la surface utile: les propriétaires ayant renoncé à les occuper ou les valoriser dans leur entier. Ce que nous avons gagné ici en surface plate sert aujourd’hui au jeu des enfants.

 

Maison perchée…

Vu de ce niveau de terrain en léger contrebas, la maison apparaît magnifiquement perchée; une impression que renforcent encore quelques cyprès apportant leur troisième dimension sans incidence d’ombre projetée. L’ambiance en devient très méditerranéenne et solaire.

 

Pour que l’esprit vagabonde…

Chaque endroit du jardin est ici différent grâce aussi à beaucoup de discrets changements de niveaux, ruptures de lignes, changements de directions et ponctuations graphiques pour que, comme en nature, jamais l’œil ne se lasse et que toujours l’esprit vagabonde…

 

La nature en dessein…

Après l’observation sur le terrain, c’est sur la planche, à l’atelier de dessin, que surgit un beau jardin; l’habileté sera ensuite, sur «le lieu du crime», de faire disparaître l’intention ou tout ce qui ne serait pas le pur fruit du hasard… Rien ne se travaille autant que le naturel pour qui prétend s’en inspirer.

Lieu Lonay

Surface 782 m2

Année 2012