Jardin sauvé

Au départ, un jardin impensable..
Ici de prime abord un jrdin semblait inimaginable tellement la pente était forte, soit 5 mètres de dénivellation pour 12 mètres de longueur. Seul un talus, inexploitable paraissait possible. De gros enrochements n’y auraient rien changé : ils auraient pris trop de place pour eux-mêmes. La seule solution était de prévoir trois terrasses successives, subtilement accessibles et retenues par des gabions artisanaux fabriqués par nous ainsi que par des « murs » de poutres dressées et parfaitement ancrées.
 

Des « murs » minces et très efficaces
La solution en gabions a l’avantage appréciable de ne « manger », pour chacun des deux étages inférieurs, que trente centimètres de profondeur. Pour le soutènement du dernier niveau supérieur, nous avons utilisé de grandes poutres en chêne, de dix centimètres d’épaisseur, dressées verticalement. Soit, en profondeur, une consommation totale d’espace de 70 centimètres seulement ; alors qu’un soutènement en murs traditionnels, compte tenu aussi du « fruit  » (inclinaison) indispensable aurait  consommé près de 3 mètres de profondeur. Un gain considérable quand la surface plate est aussi mesurée et que le prix du mètre carré atteint ici, des sommets.
 

Petite pièce discrète.. 
Au creux de l’ensemble, accessible par un escalier plus étroit se glissant entre les grandes poutres verticales : un petit espace, comme une pièce très discrète qui échappe à tous les regards voisins et qui est comme un balcon de très large observation.Afin de donner de la cohérence à l’ensemble, partout la pierre est identique de provenance : dalles, gravillons, grosses roches ou trente tonnes de cailloux contenus par les gabions, tout est en même pierre bleue noire d’une carrière proche du bout du lac, côté Valais, région sur laquelle, de ces terrasses,  la vue est la plus remarquable sur le Léman
 

Au départ, quand nous l’avons rencontré, le propriétaire de cette nouvelle villa ne voyait plus comment faire, devant chez lui, autre chose qu’un banal talus puisque la dénivellation y atteignait 5 mètres pour 12 mètres de longueur. Soit une pente si forte qu’elle empêchait d’y aménager un jardin autrement qu’en édifiant un mur de soutènement de 5 mètres de hauteur, soit une solution interdite par le règlement communal de l’endroit. A supposé qu’elle ait été acceptée, elle aurait représenté, dans le sens de l’arrivée à la villa, un front visuel particulièrement dur et ingrat.   

Intégrer d’emblée soutènements, drainages et jardin   

Autre difficulté : une somme insuffisante avait été réservée pour le budget jardin, soit à peine le quart de ce qui était minimalement nécessaire pour réaliser quelque chose pouvant convenir.  La discussion, menée avec l’architecte aussi, permit d’intégrer dans les travaux du jardin, les drainages et soutènements que, de toute manière le maître d’œuvre aurait dû financer.   

Jardin en étages  

Restait à trouver la meilleure manière de récupérer une dénivellation aussi importante. Son épouse avait d’emblée compris que la création d’un jardin avec surfaces planes utilisables nécessiterait une certaine habileté, le propriétaire choisit de nous faire confiance. Notre choix fut celui d’un jardin en étages, très faciles d’accès et de circulation. Pour soutenir ces niveaux successifs, la solution en murs traditionnels ou en trop gros enrochements aurait consommé beaucoup de mètres en profondeur , diminuant d’autant la surface des terrasses..    

Gabions providentiels    

Notre solution en gabions artisanaux, réalisés par nous-mêmes, a aussi été retenue. Elle a l’avantage appréciable de ne « manger », pour chacun des deux étages inférieurs, que trente centimètres de profondeur. Pour le soutènement du dernier niveau supérieur, nous avons utilisé de grandes poutres en chêne, de dix centimètres d’épaisseur, dressées verticalement. Soit en profondeur, une consommation totale d’espace de 70 centimètres seulement ; alors qu’un soutènement en murs traditionnels, compte tenu aussi du « fruit  » (inclinaison) indispensable aurait  consommé entre 2,5 et 3 mètres de profondeur. Soit un gain de surface plane supplémentaire de quelque trente m2 au minimum et s’ajoutant aux terrasses plantées de fleurs ou gazon ; soit un gain appréciable quand la surface est aussi mesurée et que le prix du mètre carré atteint ici, des sommets.. Si nous avions choisi la solution de très gros enrochements, la surface disponible totale aurait été réduite à néant. Preuve en est, que sur le côté, là où nous avons choisi de grands rochers, le grand escalier en poutres de chêne, permettant d’atteindre le dernière terrasse, finit, entre thym, sauge et romarin, non loin de la façade.    
Petite pièce discrète.. 

Au creux de l’ensemble, accessible par un escalier plus étroit se glissant entre les grandes poutres verticales : un petit espace, comme une pièce très discrète qui échappe à tous les regards voisins et qui est comme un balcon de très large observation.. 

Partout la même pierre 

Afin de donner de la cohérence à l’ensemble, partout la pierre est identique de provenance : dalles, gravillons, grosses roches ou trente tonnes de cailloux contenus par les gabions, tout est en même pierre bleue noire d’une carrière proche du bout du lac, côté Valais, région sur laquelle, de ces terrasses,  la vue est la plus remarquable sur le Léman. Autre privilège de ces terrasses, elles sont, en cascade, dans la ligne exacte du chemin montant donnant également accès à d’autres propriétés. 

Propriété naturellement délimitée 

Aucune construction ne peut donc venir gêner la vue très large sur le lac. Dans le sens inverse de la montée, le regard  se porte immanquablement sur les gabions de plus en plus végétalisés. Sans qu’aucune barrière ne soit nécessaire, la propriété se retrouve précisément délimitée et donc aussi identifiée, valorisée. L’accueil esthétique y est d’autant plus remarquable que, pour planter les parchets, les propriétaires ont compris tout l’intérêt qu’il pouvait y avoir à se procurer des plantes un plus chères qu’en jardineries de supermarchés, mais aux conteneurs plus gros, aux systèmes racinaires beaucoup plus développés. De telles plantes, l’année suivante, éclateront de santé : elles craignent beaucoup moins la sécheresse ou le gel que celle qui ont été forcées pour grandir plus vite dans des pots trop petits. 

Jardin jamais terminé…  

Pour ajouter encore en troisième dimension, ces terrasses pourraient accueillir quelques plus grands sujets, érables notamment. Ainsi en va-t-il des jardins réussis : sans cesse peuvent-ils appeler, au fil du temps, des inspirations et embellissements supplémentaires..
 

Lieu Yens

Surface 450 m2

Année 2012