L’infini du monde sur un toit de garage...

Impossible de deviner, quand on y arrive, que ce beau jardin est en réalité le toit d’un garage d’immeuble. Tout y a été fait pour effacer les codes et inconvénients ordinaires de ces toits terrasses relativement fréquents dans beaucoup de nouveaux résidentiels.

Le premier problème de ce type d’aménagement est le risque de desséchement dès lors que la couche de terre n’y dépasse généralement pas les 30 centimètres, rendant difficile le maintien d’une humidité correcte. 

Eviter les «coups de chaud»

Par grand soleil ou longues périodes sans pluies, les plantes y risquent fréquemment le coup de chaud à moins d’un arrosage régulier et «sur mesure», tellement, d’une espèce à l’autre, les besoins en eau peuvent varier...

D’où notre proposition, ici, d’augmenter cette couche de terre en certains endroits en la portant à 70 voire 90 centimètres mais sans qu’il soit pour autant nécessaire de ramener de la terre; inutile en effet de maintenir 30 centimètres de terre là ou des chemins en graviers doivent être créés ou des dalles mises en place ou encore des terrasses en bois aménagées. Cette terre «en trop» a donc été tirée au râteau là où, au contraire, en épaisseur de 70 et jusqu’à 90 centimètres, elle pouvait permettre la plantation et l’enracinement de plus grands sujets, ici des érables…  

Des buttes en guise de collines

En lieu et place d’un espace uniforme et désespérément plat, des buttes ont donc été créées qui animent considérablement l’espace et qui, lorsqu’elles flanquent les murets périphériques, les effacent,  permettant des végétations plus denses qui ramènent l’intérêt au centre; là où, à faible distance l‘une de l’autre, deux terrasses en bois ont des fonctions différentes. L’une accueille un salon extérieur, l’autre la table et ses plaisirs. Pour une fois, ici les deux terrasses sont de même niveau et permettent, quand les invités sont très nombreux, de n’en former plus qu’une. A noter que la terrasse la plus proche du bâtiment en a été clairement dégagée afin que, dès la sortie de l’appartement, l’impression soit bien celle de l’entrée dans un jardin; et non pas la banale arrivée sur une terrasse collée à la façade. 

Cocon végétal autant que minéral

L’avantage d’un jardin dont une partie est très minérale est aussi que ses besoins en eaux en sont d’autant moins importants et que la vie peut quand même s’y exprimer à travers quantité d’espèces, graminées, notamment, très peu exigeantes en arrosage.

Le chemin de déambulation est tout en courbes et si l’impression générale recherchée est celle d’un cocon végétal d’où l’on n’aperçoit guère les toits ou construction environnantes, de belles perspectives paysagères sont en même temps clairement favorisées, notamment sur le lac tout proche.

 

Suggérer l’océan…

L’idée était ici de créer un univers assez attractif pour qu’il ne soit pas forcément nécessaire d’aller chercher ailleurs une impression d’espace. Ce jardin a donc été travaillé, à l’instar d’un jardin zen, de manière à suggérer, par exemple, l’infini de l’océan avec des vagues de cailloux savamment étirées au râteau. Et comme au Japon, les rochers deviennent alors des montagnes et les mousses des forêts...

 

 

Logique et histoire invisibles…

Pour donner l’impression qu’un jardin est en lui-même un univers à lui tout seul, l’intelligence - et encore plus dans un petit jardin - est aussi de miser sur une part de cohérence;  ici créée avec une déclinaison d’éléments minéraux tirés de la même pierre. Quand les rochers, les dalles, les marches ou même les graviers viennent de la même carrière et en portent  les mêmes couleurs et les mêmes strates, il en ressort, même inconsciemment, une impression subtile d’unité et d’apaisement. Tout alors en semble plus vrai, portant en lui comme une logique et histoire invisibles.

 

Lieu St-Prex

Surface 150 m2

Année 2014