Un jardin où dès l’entrée on change d’esprit…

Ce couple de propriétaires est particulièrement accueillant. Lui, professeur de philosophie, elle, interprète, aiment recevoir chez eux, pour le plaisir et les échanges, tout un monde d’amis, de connaissances ou d’étudiants.

 

D’où l’envie de leur offrir, dès l’entrée de la propriété, un espace intermédiaire, une zone de contemplation qui naturellement séduirait leur esprit, leur ferait oublier leurs problèmes, les guiderait vers la détente, l’écoute, l’observation et l’imagination…

 

Soit une idée très originale, en sorte de redécouverte ou nouvelle déclinaison d’un concept très ancien, du passage d’une réalité à une autre…

 

Passer d’un monde à un autre

Les bénitiers, à l’entrée des églises, servent ainsi à se débarrasser des esprits mauvais. Pour ceux qui croient, un peu d’eau accompagnée du signe de croix,  y est vécu comme symbole de purification, rendant plus disponibles aux anges ou esprit saint qui les attendent à l’intérieur.

 

Même démarche en Asie ou dans la spatialité japonaise, religieuse ou profane, on aime marquer, de différentes manières, le passage d’un monde à un autre; et rendre le visiteur attentif à ce que, à partir de là, quelque chose d’autre peut commencer...

Pour accueillir leurs visiteurs, les propriétaires avaient donc imaginé un petit jardin zen et aménagé une petite pièce d’eau en coque de plastique; mais un faible volume d’eau s’il n’est pas accompagné d’un fort volume de plantes aquatiques ou sérieusement filtré a vite fait de croupir.

Un pont au-dessus de l’eau

Notre proposition a donc d’abord été d’agrandir ce bassin et de l’étirer en longueur de manière à ce que, pour entrer dans la propriété, il faille d’abord emprunter un petit pont de bois qui enjambe la pièce d’eau. Pour qu’elle ne soit pas dangereuse pour les enfants, la profondeur en a été limitée; mais avec, en corollaire, le risque d’un trop fort réchauffement en été. Pour éviter l’apparition d’algues, un courant est donc créé avec une pompe alimentant la cascade et sa reprise d’eau  à l’exact opposé. L’entier du bassin est donc animé d’un mouvement qui participe au brassage et au rafraîchissement, l’essentiel de l’oxygénation étant apporté par la chute elle-même.

Aider la curiosité et l’observation

Mais les enfants, comme les libellules, sont toujours attirés par l’eau. Et si les enfants de la maison ou les invités peuvent toujours surveillés, il en va différemment des jeunes du voisinage ou ceux qui passent sur le chemin. D’où l’idée des propriétaires de leur faciliter l’observation de l’étang sans pour autant se mettre en danger. En lien avec chemin, une petite place a donc été subtilement aménagée accompagnée d’une barrière en bois, naturelle et noyée dans la végétation.

 

La nature comme recherche

Pour entrer dans la propriété, et avant le pont de bois, les visiteurs, eux, sont insensiblement guidés à passer entre quelques rochers très naturellement placés et végétalisés.  Soit un décor fleuri d’élégantes graminées qui, une fois le portail et le pont franchis, continueront à les accompagner en touffes élégantes, parmi les dalles, jusqu’à la porte de la demeure.

 

Premier pas vers autre chose…

Auront-ils été sensibles au spectacle naturel végétal qui les a accueillis? A-t-il réussi à les rendre éventuellement plus libres et disponibles? Tout est fait ici pour qu’après ce passage, un moment de plaisir ou de qualité puisse commencer...

 

 

Lieu Apples

Surface 380 m2

Année 2015