Un jardin en ville

Depuis toujours, devant la façade de cette belle maison, il n’y avait eu qu’une banale et longue pente herbeuse. Tout était à faire et d’abord des terrassements qui agrandissent considérablement la surface plate. Puis des espaces plantés, dessinés en quartiers d’orange, le centre du fruit étant le balcon-terrasse devant de la maison. Où que l’on soit dans le jardin, le réflexe est de regarder la maison qui apparaît, du coup, comme la raison d’être, la perle, de cet écrin végétal.

Vouloir écouter les oiseaux

Comme c’est souvent le cas, l’arrière de la maison, jusqu’alors avait été sacrifié. Comme s’il n’y avait rien à en attendre. Alors qu’à cet endroit précis, aucun bruit de trafic ne parvient et que l’on y entend les oiseaux. Nous avons proposé d’en faire un endroit particulièrement soigné avec des courbes de plate-bandes très douces, du même métal rouillé faisant contre-marche à un escalier perron que nous avons réalisé en arrondi.
 

Et entendre le crissement du gravier..

L’arrière est si agréable que du mobilier de jardin y a été installé. Quand des véhicules visiteurs y arrivent, c’est sur du gravier rond – une pezette de petit calibre - qu’ils roulent. Ce crissement est très particulier et s’il plaît à la maîtresse des lieux qui l’a désiré, c’est parce qu’ici en ville ce bruit est inconnu et qu’il lui rappelle la campagne qu’elle habitait avant...
 

Réussir la rénovation d’une maison, c’est une chose mais lui donner un environnement végétal réussi qui révèle la beauté d’une architecture et en fasse une véritable propriété, c’est encore autre chose, c’est une deuxième étape, parfois sacrifiée, mais qui était particulièrement importante aux yeux de cette famille arrivée d’un village proche de Genève et qui avait acheté cette demeure en plein Lausanne. Personne jusqu’ici n’avait eu l’envie d’atténuer, par de la végétation la présence, sur un côté et à l’arrière, de grands bâtiments. Et depuis toujours, devant la façade, il n’y avait rien eu d’autre qu’une banale et longue pente herbeuse jusqu’à une avenue à très grand passage.

Agrandir l’espace

Tout était donc à faire et d’abord des terrassements qui en agrandissent considérablement la surface plate. Puis un dessin de jardin qui multiplie les astuces : pour que  la maison apparaisse bien comme le centre de la propriété, les espaces plantés ont été dessinés en quartiers d’orange, le centre du fruit étant le balcon-terrasse devant de la maison. Toutes les lignes de circulation ramènent donc vers ce point précis et le réflexe, quand on est n’importe où dans le jardin, est de regarder la façade et la maison qui apparaît du coup comme la raison d’être, la perle de cet écrin végétal.

Jouer avec les voisinages

Pour parfaire cettte impression d’entourement et de protection de la maison, une ceinture en arches de charmilles - très taillées pour rester très légères- accompagne un chemin de promenade où l’on a tout loisir de céder au charme ancien d’une villa voisine et son jardin idyllique. Pas question donc de masquer ce voisinage très agréable; l’habileté, ici comme souvent, est au contraire de chercher à l’ intégrer en effaçant ici ou là ce qui pourrait apparaître ici ou là comme des limites de parcelle. Même réflexe de l’autre côté de la propriété où deux grands pins ont été plantés juste à côté d’un troisième qui, en réalité et sans que cela se voie vraiment appartient à une autre propriété voisine…

Guider le regard sur les extraordinaires

Pour augmenter encore l’impression de grandeur, un autre dispositif visuel a été mis en place. A partir du devant de la maison, plutôt que de laisser le regard filer au hasard par dessus les plantes, ici et là des obstacles végétaux, en l’occurence des massifs de vivaces de différentes hauteurs, ont été plantés. Si bien que très naturellement, par curiosité, votre regard devoir jouer avec ces profondeurs de champ et des perspectives différentes.. Il va chercher à se glisser entre ces obstacles et se laisser guider sur un élément plus lointain comme un bel arbre, une belle maison, un beau toit ou tout autre élément de l’environnement très au-delà du jardin.

Effacer les limtes..

Autre astuce: lorsqu’au bout de l’à plat le terrain commence à descendre en direction de l’avenue en contre-bas, des arbres de plus en plus hauts ont été plantés afin que leur cîme constitue une ligne d’horizon semblant prolonger encore le jardin dont les limites, du coup, sont effacées. Atténuer le bruit Cette masse végétale, en contre-bas de la propriété a pour avantage supplémentaire d’amortir considérablement le bruit de la route à fort trafic. L’effet de freinage de l’onde sonore est le même que celui qu’on attend des arbres plantés devant les murs antibruit le long des autoroutes.

Repérer les endroits tranquilles

Comme c’est souvent le cas, l’arrière de la maison, jusqu’alors avait été sacrifié. Comme s’il n’y avait rien à en attendre. Alors qu’à cet endroit précis, aucun bruit de trafic ne parvient et que l’on y entend les oiseaux. Nous avons proposé d’en faire un endroit particulièrement soigné avec des courbes de plate-bandes très douces et délimitées par le même métal rouillé qui fait contre-marche à un escalier perron que nous avons réalisé en arrondi devant l’entrée de la maison et devant une grande porte-fenêtre.

Ne pas négliger l’arrière

Une terrasse arrière a même créée où les propriétaires ont installé du mobilier de jardin. Et quand la cour arrière continue de recevoir les véhicules visiteurs, c’est sur du gravier rond – une pezette de petit calibre - qu’ils roulent. Ce crissement est très particulier et s’il plaît à la maîtresse des lieux qui l’a désiré, c’est bien parce qu’ici en ville ce bruit est inconnu et lui rappelle la campagne qu’elle habitait précédemment.. Le bon accueil des invités est ici chose importante et tout notre travail en a tenu compte.

Un jardin-décor

Nous n’étions pas ici dans le cas d’un jardin évolutif où les propriétaires entendaient mener les travaux sur plusieurs années et au gré de nouveaux désirs qui auraient surgi au fil du temps. Il s’agissait là, au contraire  de créer en une fois un jardin classique dont on puisse penser qu’il était là depuis longtemps. Le volume et la hauteur des massifs et de toutes les plantes devait donc être très précis afin de rejoindre d’emblée le dessin et l’atmosphère convenus.

Un spectacle en hiver aussi

Plus encore, pour ce jardin-décor, nous avons fait en sorte que le spectacle reste total en hiver également. Car la neige se dépose différemment selon la nature de certaines plantes et il fallait que ces masses de neige restent bien différenciées et harmonieuses. Soit le même principe, au nom du même souci de constance du spectacle, qui est appliqué dans les grands parcs anglais.. Un tel jardin, très homogène dans ses plantations, appelle ensuite un entretien très régulier et soucieux du maintien des effets désirés.

Jardin du soir..

Et, pour accueillir fêtes et réceptions, le soir en été, encore fallut-il ici, et là masquer, par de la végétation persistante, certaines sources lumineuses publiques très puissantes. Et aussi, dans le même temps, éclairer le jardin , le rendre visible afin que le regard puisse s’y attarder au lieu de devoir, devant un trou d’ombre, se perdre, plus loin et au hasard, dans les lumières de la ville. Jour et nuit la maison et son jardin sont devenus indissociables, l’un valorisant et célébrant l’autre..  
 

Lieu Lausanne

Surface 1677 m2

Année 2012